Les Objets Gentils
Textes et articles glanés çà et là sur internet, et que j’estime mériter d’être lus.
- Pierre Carles & Éric Martin ; Georges Bernier ; Philippe Val.

« C’est plutôt que Carles et Martin visent autre chose, une espèce de portrait en creux de la grandeur de Choron par la petitesse de son entourage, puis de sa descendance. »
- Nuri Bilge Ceylan ; Les climats ; Les trois singes.

« Une humanité sombre, où n’existe plus ni droiture ni confiance, dont l’horizon bouché est renforcé par la rigidité des cadrages, la fermeture des décors et la noirceur de la lumière, une humanité vue de haut avec une sorte de délectation morbide par un cinéaste impassible qui semble épingler les êtres comme des papillons, ne pointant en eux que des défauts et aucune qualité. »
- Cinéma populaire français ; Jean-Paul Bermondo ; Francis Huster ; Un homme et son chien.

« C’est plutôt grâce au mythe Belmondo que le film tire l’un de ses maigres intérêts : le parallélisme est saisissant entre le caractère piteux du film et la fin en roue crevée d’un acteur qui aura symbolisé avec opportunisme le cinéma et la société giscardienne. »
- Hollywood et l’Histoire ; Edward Zwick ; Steven Spielberg ; Les insurgés.

« Pire, en prétendant remettre l’Histoire en avant de cette manière, on ne fait qu’aggraver son instrumentalisation : elle qui n’était déjà qu’un élément de décor dans ce cinéma-là devient carrément un trompe-l’œil, un alibi auquel on peut faire dire n’importe quoi. »
- Film d’auteur français ; Emmanuelle Bercot.

« Qu’est-ce que le Cinéma d’Auteur à la Française ? »
- Steven Soderbergh ; Che.

« Qui a prononcé le mot Impérialisme... ? »
- Cinéma indépendant américain ; formatage ; Frozen River.

« Cette modeste réussite est malheureusement loin d’être une généralité, dans une branche majoritairement peuplée de films arrivistes jouant plus ou moins discrètement de leurs calculs de fabrication au point de réduire les promesses de leur projet (velléités de dénonciation, forme et/ou personnages non conventionnels, etc) à un pur attirail de camouflage, des éléments de décor plus ou moins luxuriants : œuvres de petits malins nommés, pour les plus cotés, Alexander Payne (Sideways), Jason Reitman (Juno)... »
- Souillure ; Ulrich Seidl ; Import / export.

« Comme si la sordidité de la réalité l’autorisait à recourir aux procédés les plus dégueulasses, à avilir ses personnages et se torcher consciencieusement avec les considérations morales et éthiques, le réalisateur autrichien plante sa caméra bien profond dans le croupion de nos sociétés et le regarde saigner. »
- Maniérisme ; esthétique de saturation ; Paolo Sorrentino ; Il divo.

« Peut-être se rendait-il compte que le film, en fin de compte, malgré la violence de la dénonciation, et si étrange que cela puisse paraître, ne fait que conforter les spectateurs dans leur passivité bien confortable, et si utile à la chose politique. »
- Benoît Delépine & Gustave Kervern ; Louise-Michel.

« Mais le film, à l’image de Poelvoorde en métallurgiste parano qui rejoue le 11-Septembre dans son jardin, fait le trajet inverse, ramenant le grand, l’immense, l’immatériel (la cartographie insaisissable du Capital) au minuscule complaisant des caravanes, des bistrots vides et des toiles cirées. »
- Mal ; totalitarisme ; paranoia ; anarchisme ; John Carpenter.

« Des grands ensembles de société destinés à vivre dans le mensonge à la cellule sociale rapprochée, le groupe chez Carpenter est toujours voué à l’échec, et l’individu la seule rédemption possible. »
- Jeune cinéma coréen ; Kim Jee-woon ; Le bon, la brute et le cinglé.

« Ce cinéma d’ambiance à diffuser sur écran plat haute définition dans un aéroport de Séoul, pas déplaisant à voir car on y découvre un vrai sens sophistiqué du motif et de l’harmonie des couleurs, c’est un peu tout le drame du jeune cinéma coréen. »
- Refoulement ; image de la France ; Étienne Chatiliez ; Francis Veber ; Agathe Cléry ; L’emmerdeur.

« Les films officiels, ceux destinés à divertir les masses tout en étant approuvés par les organisme ministériels (comme le CNC) ou les grands médias (comme TF1), ont cette particularité, non pas d’être des témoins de leurs époques (ça c’est le travail des bons cinéastes), mais d’en être le reflet. »
- Obamania ; écologie ; marketing ; Le jour où la Terre s’arrêta.

« Les époques et les thématiques changent, les stratégies commerciales également : l’écologie est devenue un véritable argument marketing qui fait le bonheur des grandes compagnies – notamment les Majors américaines – qui vendent en donnant bonne conscience à leurs cibles. »
- Polar à la français ; Pour elle.

« La représentation sociale dont le souci de véracité se limite à quelques ternes lieux communs de décors, de costumes et de personnages, trahissant l’absence de prise de risques et de réel point de vue sur le monde ainsi filmé, que ce soit les trafics de Barbès ou la banlieue pavillonnaire. »
- Pour elle.

« Entre les murs du parloir, sa beauté et sa blondeur diaphane suffisent à la définir comme n’étant pas à sa place ; et comme ayant une valeur intrinsèque plus importante que les deux morts collatéraux, deux dealers de drogue d’origine maghrébine, présentés ici comme le prix à payer pour réparer le dommage causé à cette jolie petite famille française. »
- Inexactitudes ; irresponsabilité ; Claire Simon ; Les bureaux de Dieu.

« Bref, sur le plan du discours informatif sur la contraception, la sexualité, l’avortement, le vécu des femmes et les contradictions qui les animent, et l’éthique du soin, Les bureaux de Dieu n’est pas seulement un mauvais film, c’est une mauvaise action. »
- Héritage européen du cinéma américain ; Guy Ritchie ; Rock’nrolla.

« C’est un peu à ça que se résume la posture du cinéaste chez certains réalisateurs en vogue aujourd’hui, au mépris hautain de ceux qui sont persuadés d’être des visionnaires parce qu’ils perçoivent la bassesse de leurs semblables. »
- Bobos ; Philippe Garrel.

« Pire, de vagues réflexions sur la Révolution, la Guerre Mondiale ou l’antisémitisme s’insèrent de façon totalement incongrue dans le scénario, relents d’une mauvaise conscience d’une gauche privilégiée, en rade à cette frontière de l’aube (en faisant visiblement son deuil du Grand Soir). »
- Inconséquence ; Jean-François Richet ; Mesrine.

« Il y a là une grande innocence : celle de croire qu’on peut ne pas prendre parti, qu’une représentation peut être neutre. »
- Oliver Stone ; W.

« On se rend compte à quel point le cinéma d’Oliver Stone tient de cette pulsion très américaine qui réduit tout à un show. »
- Crise de l’éducation ; dévaluation qualitative du langage ; bavardage ; Laurent Cantet ; François Bégaudeau ; Entre les murs.

« Bégaudeau et Cantet sont de gauche mais leur film donne des arguments massue aux penseurs de droite qui, de Renaud Camus à Finkielkraut, ont pointé ces dérives depuis plus de vingt ans que le libéralisme participe à la destruction de l’école républicaine. »
- Pourquoi faire des films ; pour qui faire des films ; propagandes guerrières ; Danièle Huillet & Jean-Marie Straub.

« En faisant des films désormais on ne peut qu’espérer/qu’ils surprennent certaines personnes/lorsqu’ils sont diffusés à la télévision/comme c’est le cas pour les films allemands/au bout d’un an ou deux. »
- Public européen ; capital culturel ; Woody Allen ; Vicky Cristina Barcelona.

« Lorsque le public européen, cynique et cultivé affiche sa détestation du cinéma hollywoodien, qu’il voit comme vendu et guerrier, c’est au fond de Allen qu’il parle : il n’y a pas plus vendu et guerrier, donc, en ce sens, plus hollywoodien (ou de hollywoodyen), que les films du réalisateur new-yorkais. »
- Accessoires ; psychologie ; Thomas Langmann ; Jean-François Richet ; Mesrine : l’instinct de mort.

« L’accessoire vient alors suppléer aux rigidités de mise-en-scène et aux monolithismes de l’interprétation : la paire de lunettes apporte ainsi la touche psychologique indispensable. »
- Jean-François Richet ; Thomas Langmann ; Mesrine : l’instinct de mort.

« Avec Cassel le bourgeois qui se rêve bad boy et Richet le rebelle, Thomas Langmann s’achète la street credibility et va pouvoir offrir aux d’jeuns - qui méritent mieux que cela, quand même - un Tony Montana 100% camembert. »
- Cinéma ; regard ; fascisme.

« Le regard ne s’empare pas des images, ce sont elles qui s’emparent du regard. »
- Critique française ; Danièle Huillet & Jean-Marie Straub ; Michel Ciment ; Serge Kaganski.

« "Je rêve d’un art unificateur " s’excite Michel Ciment, un "art" en somme qui ferait oublier qu’il existe une ligne de partage matérielle entre les gens de pouvoir et les sans-pouvoirs. »
- Révisionnisme ; Christophe Barratier ; Faubourg 36.

« Et qu’à tout passer au laminoir de la gentillesse, on finit par laisser aux oubliettes la mémoire des luttes. »
- Laurent Cantet ; Abdellatif Kechiche ; Entre les murs.

« Et la transmission de cette énergie n’est possible que parce qu’elle a été pensée à partir d’une démarche cinématographique ambitieuse. »
- Cinéma français ; bloggeurs ; palmarès.

« Cette mosaïque de palmarès ne devant rien aux diktats économiques ou esthétiques qui enserrent la critique officielle, devrait permettre de trouver quelques raisons d’espérer. »
- Récupération ; hystérie médiatique ; éthique ; Laurent Cantet ; Entre les murs.

« Promo compliquée pour la Palme d’or : comment slalomer entre clichés sociologiques, récupérations, surenchère médiatique ? »
- Homosexualité ; normalité ; Vincent Garenq ; Comme les autres.

« Quelque part, c’est tout l’enjeu de la question homosexuelle du point de vue social qui, malgré les efforts fournis par le film pour ne fâcher personne, fait jour : est-ce que se battre pour obtenir certains droits est exactement la même chose que vouloir être « normal », comme les autres ? »
- Ségrégation ; Hancock.

« Pas de doute possible : cette histoire murmure et hurle à la fois la phobie du couple mixte et le désir inavouable de ségrégation. »
- Lire la suite : Tina Harpin - Rue 89
- Films d’horreur ; censure ; Martyrs ; Hostel ; Saw.

« Si l’on considère que les films X traditionnels peuvent perturber les adolescents, comment peut-on les laisser visionner d’interminables scènes de mutilations hyperréalistes sans penser qu’ils seront traumatisés, salis, avilis par ce spectacle ? »
- Critique ; Jacques Lourcelles ; Dictionnaire du cinéma.

« Jalousie ou lucidité prophétique, perpétuation de guéguerres de chapelles (Positif contre Cahiers du cinéma, "mac-mahoniens" contre "hitchcocko-hawksiens"), Lourcelles pense en tout cas qu’à partir des années 1960, le cinéma s’est fourvoyé. »
- Délire interprétatif ; Friedrich Wilhelm Murnau ; L’aurore.

« Tant que la description se fonde en effet sur la séduction des signes et le raisonnement sur l’attirance du multiple, tant que l’analyse déroule doctement ses thèses et antithèses sous la seule impulsion initiale du plaisir visuel, ou encore plus désolant, de la réputation du film qui en est l’objet, quand pour revenir à L’Aurore, c’est avant tout l’extrême mobilité de la caméra qui est vantée, ou la sidération des plans plus que leurs relations qui est mise en exergue, le cinéma ne fait que perdre sa spécificité pour rejoindre l’attraction foraine, aux atours rutilants mais sans valeur. »
- Cinéma français.

« Allez, tu m’as percé à jour, tu sais bien qui je suis : le Spectacle assaini, le Show culturel permanent. »
- Festival de Cannes ; cinéma politique ; capitalisme.

« La sincérité artistique et citoyenne des uns fait alors office de paravent à l’ambition capitalistique des autres. »
- Mythologies cinématographiques ; le western ; La Naissance d’une nation.

« Dans leurs bureaux de Hollywood, ils ont fabriqué le plus grand mythe universel du XXe siècle. »
- Sex and the City, le film.

« Sex and the City, le film davantage que la série (qui par la réduction des enjeux du format pouvait se permettre, à la rigueur, de situer son axiome plus bas, plus proche finalement de la presse féminine où il est né en collant au quotidien), est devenu le meilleur représentant publicitaire de cette vie soumise au conditionnement fétichiste obsessionnel d’une médiocrité camouflée derrière les apparences de l’élégance (pervertie, anéantie). »
- Arnaud Desplechin ; Un conte de Noël.

« Mais cette séduisante liberté de la méchanceté (la méchanceté comme idée de profondeur dans lequel les critiques français sont allés se jeter) ne tient que par la totale déréalisation des enjeux. »
- Lire la suite : Slothorp
- Héritage de la Nouvelle Vague ; Philippe Garrel ; La frontière de l’aube.

« Or, précisément, un auteur, ça connaît des hauts et des bas, ça se laisse parfois aller à la facilité et le travail du critique (même conquis d’avance par tel ou tel cinéaste) ne serait-il pas plutôt de pointer les endroits où le cinéma vit plutôt que de célébrer ceux où il se décline (à tous les sens du terme). »
- Club des 13 ; cinéma de classes.

« Soyons encore plus clairs : dans le cinéma français, et jusque dans le cinéma mondial, il y a aujourd’hui une bourgeoisie, une petite-bourgeoisie et un prolétariat. »
- Cartographie du cinéma mondial ; budget moyen des films ; nombre de films.

« These particular cartograms distort the sizes of the world’s countries in relation to the average budget per feature film, the number of films produced per capita and the total number of films produced per country. »
- Lire la suite : Strange Maps
- Affiches ; cinéma français ; bling-bling ; Sans arme ni haine ni violence ; Passe-passe ; Cash.

« Que nous dit, via ses affiches, le cinéma français mainstream ? »
- Régis Dubois ; Hollywood, cinéma et idéologie.

« Ma démarche est donc en partie militante, car j’ai aussi le secret espoir de stimuler le vigilance des spectateurs sur les discours des films. »
- Cinéma français ; subventions ; films du milieu ; Club des 13.

« Alors que le vrai problème est bien sûr économique, mais pas comme on l’entend, l’argent ne sert ici qu’à entretenir cette satisfaction du moyen, du ventre mou : continuer à produire des films moyens, moyennement vu par des gens qu’on veut moyens, et soutenu par des critiques moyens. »
- Olivier Assayas, Un dimanche à la campagne.

« Une certaine intendance du cinéma français ! »
- Films de morts-vivants ; contestation ; fascination ; malaise de civilisation ; George Romero.

« Là où Romero ramenait à la surface les contradictions de la société, ces récits se contentent de porter un regard fasciné sur sa destruction. »
- Ethan & Joel Coen.

« Il faut donc voir dans le personnage de Javier Bardem une parfaite illustration des Coen eux-mêmes, une incarnation de leur cynisme : celui qui tue froidement car c’est sa seule éthique, peut-être même son seul plaisir, son unique forme de jouissance. »
- Jean-Marie Poiré ; Les visiteurs.

« Film sacro-saint vendu sous l’appellation contrôlée de divertissement populaire, un regard plus analytique démontre avec quel dédain il traite le spectateur. »
- Cinéphilie ; références ; filiation ; subjectivité ; Martin Scorsese ; Joe Carnahan ; Mi$e à prix.

« On ricanera davantage devant celui osant s’inspirer de Lelouch que Rossellini (c’est "évidemment" moins noble), mais par contre une fois que l’histoire a attribué ses lettres à certains auteurs, la référence devient une légitimité en soi. »
- David Cronenberg ; Les promesses de l’ombre.

« Elle est le cinéma de Cronenberg, qui s’imaginant impoli, mêle (greffe) les genres impurs et les formes violentes sans jamais aboutir cependant à de l’hétérogène ou du différencié, à de la mise en perspective scandaleuse, mais toujours à du lisse, de l’homologué, de la subversion sans aspérité, moderne en tous points. »
- Cinéphilie ; politique des Auteurs ; fascination ; David Cronenberg ; Francis Coppola ; Les promesses de l’ombre ; L’homme sans âge.

« Ce mur, appelons-le "cinéphilie", mot très impropre d’ailleurs, puisque les cinéphiles actuels n’aiment pas tant le cinéma que les passions tout extérieures qu’il draine dans son sillage : régressions en tous genres, mondanités, vanités, soif de pères et de héros prenant la forme d’un culte délirant de l’Artiste (Lynch, Kubrick, Godard élevés au rang de quasi-divinités mystiques…), infinis épanchements critiques sans objet ni sujet, etc. »
- Hollywood ; guerre ; propagande ; impérialisme.

« La visée universelle de ce cinéma permet de populariser ces préoccupations et ces représentations strictement américaines où l’apocalypse provoquée par les méchants représente aussi une opportunité pour recréer une humanité sur le modèle d’États-Unis mythiques étendus à toute la planète. »
- Euro-cinéma.

« C’est du cinéma-concept où l’on travaille d’arrache-pied à faire de lieux communs, de prestigieux sésames ou à soutenir coûte que coûte des révoltes acceptées. »
- Humanitarisme ; néocolonialisme ; Goodbye Bafana ; Blood diamond ; Le dernier Roi d’Écosse.

« Au-delà de sinistres réalités, tout cela n’est peut-être qu’une façon d’illustrer la pensée bushienne, transformant en monstre ou en criminel tout rebelle contre "l’ordre mondial". »
- Cinéma néo-Nouvelle Vague ; Christophe Honoré ; Les chansons d’amour.

« Chez lui les chansons ne sont pas un contrepoint de la narration qui décalerait le point de vue ou la représentation ; elles ne sont pas un aparté qui permettrait d’intensifier l’existence des personnages en créant des poches de fictions dans la fiction, elles sont juste une pure coquetterie dont le réel problème sous-jacent est qu’elles ne renvoient à rien d’autre que la volonté d’être décalé ou dans le sillage d’un certain héritage. »
- Politique des auteurs ; imposteurs.

« C’en était fini, et la "politique des auteurs", invention d’esthètes amoureux fous du cinéma, mourut à son tour, mais en se transformant en quelque chose d’ignominieux : le besoin infantile de vénérer n’importe quoi de puissant et d’intimidant venant d’Amérique. »
- David Fincher ; Zodiac.

« Derrière la prolifération des signes ne se cachait donc aucune fondation, aucun message et aucun informateur, juste une toupie rendue folle, car seule cette folie peut encore faire tourner les affaires courantes. »
- Lire la suite : Slothorp
- David Lynch ; Inland Empire.

« Cinéma du trou noir, fascisant, où chaque spectateur devient un pseudo exégète. »
- Films de festivals.

« Il suffit d’ouvrir les yeux pour se rendre compte combien le cinéma d’auteur académique constitue le pendant naturel du cinéma industriel, moins son antidote ou son refus que son négatif parfait, son double inversé. »
- Films politiques ; Sergio Sollima ; Le dernier face à face.

« Vers la fin des années soixante, en France, en Italie, ailleurs même qu’en Europe, on a cru que le cinéma devait être aussi, voire d’abord un instrument d’éducation et d’éveil des masses – l’objet d’une conscience politique. »
- Virginie Despentes & Coralie Trinh Thi ; Baise-moi.

« Et, au final, les réalisatrices deviennent l’égal de ce qu’elles dénoncent. »
- Patrice Leconte ; Mon meilleur ami.

« Leconte ne sait pas regarder un personnage qui n’est pas de sa classe, il faut qu’il le caricature, qu’il le bonhommise pour le rendre acceptable à ses yeux. »
- Cinéma & philosophie ; mystique cinéphilique.

« Il y a des films, des faiseurs de film, mais LE cinéma, ce concept qui vole dans le ciel, qui subsume tous les films et les épuise, les embrasse et les résume, c’est une construction de platoniciens réactionnaires, qui y développent une mystique ahurissante de ringardise sur "l’image" et le champ, le plan et le mouvement. »
- Bourgeoisie ; Christophe Honoré ; Claude Chabrol ; Robert Guédiguian ; Dans Paris ; Le promeneur du Champ-de-Mars.

« L’instinct morbide de maîtrise, de mainmise sur tout ce qui bouge, cet instinct de propriété qui est l’autre nom de la peur, cet instinct aujourd’hui triomphe dans le jeune cinéma français, dans les films de Dumont, Honoré, Mouret, Larrieu, Civeyrac… »
- Hollywood depuis 2001 ; impérialisme ; bonne conscience ; effort de guerre.

« La force de Hollywood est de savoir intégrer des thèses en apparence contradictoires, de façon à fédérer l’ensemble du public tout en participant à l’effort de guerre. »
- Histoire ; mémoire ; Rachid Bouchareb ; Vittorio De Sica ; Jamel Debbouze ; Indigènes ; La Ciociara.

« La mémoire appartient à ceux qui ont vécu l’Histoire dans leur chair, sinon elle n’est qu’une leçon, c’est à dire la feuille de route idéologique ânonnée sans grande perspective par des bouches molles. »
- Lire la suite : Slothorp
- Cahiers du cinéma ; critique ; hermétisme ; Élizabeth Lequeret ; Jean-Philippe Tesset.

« Deux possibilités alors : cette bouillie conceptuelle ne signifie rien (je pose une option dessus), ou le sens nous échappe. »
- Lire la suite : Slothorp
- Presse féminine ; critique cinématographique.

« Si ici ou là des idées sont encore semées par quelques regards (extra)-lucides, écrire de la critique de cinéma aujourd’hui revient à dresser des rapports comptables. »
- Festival de Cannes ; Marché du film ; auteurisme ; académisme.

« En fin de compte, pour être primable, il faut travailler sur les mêmes thèmes que les films dits commerciaux, mais en les enrobant dans une ambiance auteur, pour public international lettré, avide de distinction culturelle, les consommant de préférence sur des chaînes comme Arte, qui, d’ailleurs, coproduit un grand nombre de films cannois. »
- U.R.S.S. ; Allemagne nazie ; Hollywood.

« Car si le cinéma est un art, il est aussi, et peut-être même davantage, une industrie, une pratique sociale et, au-delà, un puissant outil de propagande. »
- Critique.

« Chacune des lignes d’une critique de film doit impérativement reposer la même question : qu’est-ce qu’un film (variante : qu’est-ce que le cinéma). »
- Consanguinité ; Hollywood ; Jorge Luis Borges ; Arnaud et Jean-Marie Larrieu ; Steven Spielberg ; La guerre des mondes ; Peindre ou faire l’amour.

« Le cinéma hollywoodien ne sait plus filmer que des enfants plus ou moins âgés que harcèlent des monstres plus grands que nature. »
- Spectacle de la guerre ; Francis Coppola ; Apocalypse now.

« La formule abrupte de Michel Mardore dans Le Nouvel Observateur — « Tous les films de guerre sont des apologies de la guerre » — ne fait que nous rappeler une bien banale évidence : le spectacle a ses lois propres, qui changent la nature de l’objet perçu — en l’occurrence exaltant une réalité qu’on voudrait pourtant condamner — en raison à la fois des dispositions psychomotrices du spectateur et des structures propres de l’image ; si l’on veut réellement rendre sensible une réalité telle qu’elle est, il faut donc recourir à d’autres moyens. »
Site créé avec le CMS Spip Les Objets Gentils est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France S'abonner au flux RSS