Publié le 10 décembre 2009

Pierre Carles & Éric Martin ; Georges Bernier ; Philippe Val.
«
C’est plutôt que Carles et Martin visent autre chose, une espèce de portrait en creux de la grandeur de Choron par la petitesse de son entourage, puis de sa descendance. »
Publié le 14 janvier 2009

Nuri Bilge Ceylan ;
Les climats ;
Les trois singes.
«
Une humanité sombre, où n’existe plus ni droiture ni confiance, dont l’horizon bouché est renforcé par la rigidité des cadrages, la fermeture des décors et la noirceur de la lumière, une humanité vue de haut avec une sorte de délectation morbide par un cinéaste impassible qui semble épingler les êtres comme des papillons, ne pointant en eux que des défauts et aucune qualité. »
Publié le 14 janvier 2009

Cinéma populaire français ; Jean-Paul Bermondo ; Francis Huster ;
Un homme et son chien.
«
C’est plutôt grâce au mythe Belmondo que le film tire l’un de ses maigres intérêts : le parallélisme est saisissant entre le caractère piteux du film et la fin en roue crevée d’un acteur qui aura symbolisé avec opportunisme le cinéma et la société giscardienne. »
Publié le 14 janvier 2009

Hollywood et l’Histoire ; Edward Zwick ; Steven Spielberg ;
Les insurgés.
«
Pire, en prétendant remettre l’Histoire en avant de cette manière, on ne fait qu’aggraver son instrumentalisation : elle qui n’était déjà qu’un élément de décor dans ce cinéma-là devient carrément un trompe-l’œil, un alibi auquel on peut faire dire n’importe quoi. »
Publié le 13 janvier 2009

Film d’auteur français ; Emmanuelle Bercot.
«
Qu’est-ce que le Cinéma d’Auteur à la Française ? »
Publié le 31 décembre 2008

Maniérisme ; esthétique de saturation ; Paolo Sorrentino ;
Il divo.
«
Peut-être se rendait-il compte que le film, en fin de compte, malgré la violence de la dénonciation, et si étrange que cela puisse paraître, ne fait que conforter les spectateurs dans leur passivité bien confortable, et si utile à la chose politique. »
Publié le 24 décembre 2008

Benoît Delépine & Gustave Kervern ;
Louise-Michel.
«
Mais le film, à l’image de Poelvoorde en métallurgiste parano qui rejoue le 11-Septembre dans son jardin, fait le trajet inverse, ramenant le grand, l’immense, l’immatériel (la cartographie insaisissable du Capital) au minuscule complaisant des caravanes, des bistrots vides et des toiles cirées. »
Publié le 23 décembre 2008

Mal ; totalitarisme ; paranoia ; anarchisme ; John Carpenter.
«
Des grands ensembles de société destinés à vivre dans le mensonge à la cellule sociale rapprochée, le groupe chez Carpenter est toujours voué à l’échec, et l’individu la seule rédemption possible. »
Publié le 22 décembre 2008

Jeune cinéma coréen ; Kim Jee-woon ;
Le bon, la brute et le cinglé.
«
Ce cinéma d’ambiance à diffuser sur écran plat haute définition dans un aéroport de Séoul, pas déplaisant à voir car on y découvre un vrai sens sophistiqué du motif et de l’harmonie des couleurs, c’est un peu tout le drame du jeune cinéma coréen. »
Publié le 10 décembre 2008

Refoulement ; image de la France ; Étienne Chatiliez ; Francis Veber ;
Agathe Cléry ;
L’emmerdeur.
«
Les films officiels, ceux destinés à divertir les masses tout en étant approuvés par les organisme ministériels (comme le CNC) ou les grands médias (comme TF1), ont cette particularité, non pas d’être des témoins de leurs époques (ça c’est le travail des bons cinéastes), mais d’en être le reflet. »
Publié le 10 décembre 2008

Obamania ; écologie ; marketing ;
Le jour où la Terre s’arrêta.
«
Les époques et les thématiques changent, les stratégies commerciales également : l’écologie est devenue un véritable argument marketing qui fait le bonheur des grandes compagnies – notamment les Majors américaines – qui vendent en donnant bonne conscience à leurs cibles. »
Publié le 3 décembre 2008

Polar à la français ;
Pour elle.
«
La représentation sociale dont le souci de véracité se limite à quelques ternes lieux communs de décors, de costumes et de personnages, trahissant l’absence de prise de risques et de réel point de vue sur le monde ainsi filmé, que ce soit les trafics de Barbès ou la banlieue pavillonnaire. »
Publié le 3 décembre 2008
Pour elle.
«
Entre les murs du parloir, sa beauté et sa blondeur diaphane suffisent à la définir comme n’étant pas à sa place ; et comme ayant une valeur intrinsèque plus importante que les deux morts collatéraux, deux dealers de drogue d’origine maghrébine, présentés ici comme le prix à payer pour réparer le dommage causé à cette jolie petite famille française. »
Publié le 29 novembre 2008

Inexactitudes ; irresponsabilité ; Claire Simon ;
Les bureaux de Dieu.
«
Bref, sur le plan du discours informatif sur la contraception, la sexualité, l’avortement, le vécu des femmes et les contradictions qui les animent, et l’éthique du soin, Les bureaux de Dieu
n’est pas seulement un mauvais film, c’est une mauvaise action. »
Publié le 19 novembre 2008

Héritage européen du cinéma américain ; Guy Ritchie ;
Rock’nrolla.
«
C’est un peu à ça que se résume la posture du cinéaste chez certains réalisateurs en vogue aujourd’hui, au mépris hautain de ceux qui sont persuadés d’être des visionnaires parce qu’ils perçoivent la bassesse de leurs semblables. »
Publié le 15 novembre 2008

Bobos ; Philippe Garrel.
«
Pire, de vagues réflexions sur la Révolution, la Guerre Mondiale ou l’antisémitisme s’insèrent de façon totalement incongrue dans le scénario, relents d’une mauvaise conscience d’une gauche privilégiée, en rade à cette frontière de l’aube (en faisant visiblement son deuil du Grand Soir). »
Publié le 6 novembre 2008

Inconséquence ; Jean-François Richet ;
Mesrine.
«
Il y a là une grande innocence : celle de croire qu’on peut ne pas prendre parti, qu’une représentation peut être neutre. »
Publié le 29 octobre 2008

Oliver Stone ;
W.
«
On se rend compte à quel point le cinéma d’Oliver Stone tient de cette pulsion très américaine qui réduit tout à un show. »
Publié le 27 octobre 2008

Crise de l’éducation ; dévaluation qualitative du langage ; bavardage ; Laurent Cantet ; François Bégaudeau ;
Entre les murs.
«
Bégaudeau et Cantet sont de gauche mais leur film donne des arguments massue aux penseurs de droite qui, de Renaud Camus à Finkielkraut, ont pointé ces dérives depuis plus de vingt ans que le libéralisme participe à la destruction de l’école républicaine. »
Publié le 26 octobre 2008

Pourquoi faire des films ; pour qui faire des films ; propagandes guerrières ; Danièle Huillet & Jean-Marie Straub.
«
En faisant des films désormais on ne peut qu’espérer/qu’ils surprennent certaines personnes/lorsqu’ils sont diffusés à la télévision/comme c’est le cas pour les films allemands/au bout d’un an ou deux. »
Publié le 24 octobre 2008

Public européen ; capital culturel ; Woody Allen ;
Vicky Cristina Barcelona.
«
Lorsque le public européen, cynique et cultivé affiche sa détestation du cinéma hollywoodien, qu’il voit comme vendu et guerrier, c’est au fond de Allen qu’il parle : il n’y a pas plus vendu et guerrier, donc, en ce sens, plus hollywoodien (ou de hollywoodyen), que les films du réalisateur new-yorkais. »
Publié le 23 octobre 2008

Accessoires ; psychologie ; Thomas Langmann ; Jean-François Richet ;
Mesrine : l’instinct de mort.
« L’accessoire vient alors suppléer aux rigidités de mise-en-scène et aux monolithismes de l’interprétation : la paire de lunettes apporte ainsi la touche psychologique indispensable. »
Publié le 21 octobre 2008

Jean-François Richet ; Thomas Langmann ;
Mesrine : l’instinct de mort.
«
Avec Cassel le bourgeois qui se rêve bad boy
et Richet le rebelle, Thomas Langmann s’achète la street credibility
et va pouvoir offrir aux d’jeuns - qui méritent mieux que cela, quand même - un Tony Montana 100% camembert. »
Publié le 20 octobre 2008

Cinéma ; regard ; fascisme.
«
Le regard ne s’empare pas des images, ce sont elles qui s’emparent du regard. »
Publié le 27 septembre 2008

Révisionnisme ; Christophe Barratier ;
Faubourg 36.
«
Et qu’à tout passer au laminoir de la gentillesse, on finit par laisser aux oubliettes la mémoire des luttes. »
Publié le 26 septembre 2008

Laurent Cantet ; Abdellatif Kechiche ;
Entre les murs.
«
Et la transmission de cette énergie n’est possible que parce qu’elle a été pensée à partir d’une démarche cinématographique ambitieuse. »
Publié le 24 septembre 2008

Cinéma français ; bloggeurs ; palmarès.
«
Cette mosaïque de palmarès ne devant rien aux diktats économiques ou esthétiques qui enserrent la critique officielle, devrait permettre de trouver quelques raisons d’espérer. »
Publié le 19 septembre 2008

Récupération ; hystérie médiatique ; éthique ; Laurent Cantet ;
Entre les murs.
«
Promo compliquée pour la Palme d’or : comment slalomer entre clichés sociologiques, récupérations, surenchère médiatique ? »
Publié le 3 septembre 2008

Homosexualité ; normalité ; Vincent Garenq ;
Comme les autres.
«
Quelque part, c’est tout l’enjeu de la question homosexuelle du point de vue social qui, malgré les efforts fournis par le film pour ne fâcher personne, fait jour : est-ce que se battre pour obtenir certains droits est exactement la même chose que vouloir être « normal », comme les autres ? »
Publié le 3 septembre 2008

Ségrégation ;
Hancock.
«
Pas de doute possible : cette histoire murmure et hurle à la fois la phobie du couple mixte et le désir inavouable de ségrégation. »
Publié le 26 juillet 2008

Délire interprétatif ; Friedrich Wilhelm Murnau ;
L’aurore.
«
Tant que la description se fonde en effet sur la séduction des signes et le raisonnement sur l’attirance du multiple, tant que l’analyse déroule doctement ses thèses et antithèses sous la seule impulsion initiale du plaisir visuel, ou encore plus désolant, de la réputation du film qui en est l’objet, quand pour revenir à L’Aurore
, c’est avant tout l’extrême mobilité de la caméra qui est vantée, ou la sidération des plans plus que leurs relations qui est mise en exergue, le cinéma ne fait que perdre sa spécificité pour rejoindre l’attraction foraine, aux atours rutilants mais sans valeur. »
Publié le 16 juillet 2008

Cinéma français.
«
Allez, tu m’as percé à jour, tu sais bien qui je suis : le Spectacle assaini, le Show culturel permanent. »
Publié le 22 novembre 2007

Cinéphilie ; références ; filiation ; subjectivité ; Martin Scorsese ; Joe Carnahan ;
Mi$e à prix.
«
On ricanera davantage devant celui osant s’inspirer de Lelouch que Rossellini (c’est "évidemment" moins noble), mais par contre une fois que l’histoire a attribué ses lettres à certains auteurs, la référence devient une légitimité en soi. »
Publié le 16 novembre 2007

David Cronenberg ;
Les promesses de l’ombre.
«
Elle est
le cinéma de Cronenberg, qui s’imaginant impoli, mêle (greffe) les genres impurs et les formes violentes sans jamais aboutir cependant à de l’hétérogène ou du différencié, à de la mise en perspective scandaleuse, mais toujours à du lisse, de l’homologué, de la subversion sans aspérité, moderne en tous points. »
Publié le 16 novembre 2007

Cinéphilie ; politique des Auteurs ; fascination ; David Cronenberg ; Francis Coppola ;
Les promesses de l’ombre ;
L’homme sans âge.
«
Ce mur, appelons-le "cinéphilie", mot très impropre d’ailleurs, puisque les cinéphiles actuels n’aiment pas tant le cinéma que les passions tout extérieures qu’il draine dans son sillage : régressions en tous genres, mondanités, vanités, soif de pères et de héros prenant la forme d’un culte délirant de l’Artiste (Lynch, Kubrick, Godard élevés au rang de quasi-divinités mystiques…), infinis épanchements critiques sans objet ni sujet, etc. »
Publié le 11 février 2007

David Lynch ;
Inland Empire.
«
Cinéma du trou noir, fascisant, où chaque spectateur devient un pseudo exégète. »
Publié le 30 janvier 2007

Films politiques ; Sergio Sollima ;
Le dernier face à face.
«
Vers la fin des années soixante, en France, en Italie, ailleurs même qu’en Europe, on a cru que le cinéma devait être aussi, voire d’abord un instrument d’éducation et d’éveil des masses – l’objet d’une conscience politique. »
Publié le 20 décembre 2006

Patrice Leconte ;
Mon meilleur ami.
«
Leconte ne sait pas regarder un personnage qui n’est pas de sa classe, il faut qu’il le caricature, qu’il le bonhommise pour le rendre acceptable à ses yeux. »
Publié le 1er octobre 2006

Hollywood depuis 2001 ; impérialisme ; bonne conscience ; effort de guerre.
«
La force de Hollywood est de savoir intégrer des thèses en apparence contradictoires, de façon à fédérer l’ensemble du public tout en participant à l’effort de guerre. »
Publié le 26 septembre 2006

Histoire ; mémoire ; Rachid Bouchareb ; Vittorio De Sica ; Jamel Debbouze ;
Indigènes ;
La Ciociara.
«
La mémoire appartient à ceux qui ont vécu l’Histoire dans leur chair, sinon elle n’est qu’une leçon, c’est à dire la feuille de route idéologique ânonnée sans grande perspective par des bouches molles. »
Publié le 13 septembre 2006
Cahiers du cinéma ; critique ; hermétisme ; Élizabeth Lequeret ; Jean-Philippe Tesset.
«
Deux possibilités alors : cette bouillie conceptuelle ne signifie rien (je pose une option dessus), ou le sens nous échappe. »
Publié le 10 septembre 2006

Presse féminine ; critique cinématographique.
«
Si ici ou là des idées sont encore semées par quelques regards (extra)-lucides, écrire de la critique de cinéma aujourd’hui revient à dresser des rapports comptables. »
Publié le 10 octobre 2005

Critique.
«
Chacune des lignes d’une critique de film doit impérativement reposer la même question : qu’est-ce qu’un film (variante : qu’est-ce que le cinéma). »
Publié le 23 septembre 2005

Consanguinité ; Hollywood ; Jorge Luis Borges ; Arnaud et Jean-Marie Larrieu ; Steven Spielberg ;
La guerre des mondes ;
Peindre ou faire l’amour.
«
Le cinéma hollywoodien ne sait plus filmer que des enfants plus ou moins âgés que harcèlent des monstres plus grands que nature. »
Publié le 1er novembre 1979

Spectacle de la guerre ; Francis Coppola ;
Apocalypse now.
«
La formule abrupte de Michel Mardore dans Le Nouvel Observateur
— « Tous les films de guerre sont des apologies de la guerre
» — ne fait que nous rappeler une bien banale évidence : le spectacle a ses lois propres, qui changent la nature de l’objet perçu — en l’occurrence exaltant une réalité qu’on voudrait pourtant condamner — en raison à la fois des dispositions psychomotrices du spectateur et des structures propres de l’image ; si l’on veut réellement rendre sensible une réalité telle qu’elle est, il faut donc recourir à d’autres moyens. »